Le Grand Paris Express : priorité donnée aux habitants

C’est un projet pharaonique, 200 km de métro automatisé. C’est un défi technologique, certains tronçons iront jusqu’à 50 mètres de profondeur. C’est un investissement inédit, 35 milliards d’euros. Nos prédécesseurs ont vu grand, peut-être trop grand, en tout cas avec un calendrier bien optimiste.

Il était de la responsabilité du gouvernement de revoir le calendrier avec un engagement : lancer de manière irréversible l’ensemble de la construction des lignes du Grand Paris Express.

Je salue le premier critère retenu, celui de donner la priorité à la desserte des zones les plus denses, les plus enclavées, les plus défavorisées. En un mot, le gouvernement donne la priorité aux habitants. Ce seront donc principalement les territoires de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne qui auront la primeur d’inaugurer les premières lignes du Grand Paris Express avec les extensions de la ligne 14 au Nord jusqu’à Saint-Denis et au Sud jusqu’à Orly, la construction du tronçon commun des lignes 16 et 17 entre Saint-Denis et Le Blanc-Mesnil, celle de la ligne 16 entre le Bourget RER et Clichy-Montfermeil, ainsi que la ligne 15 sud entre Noisy-Champs et le Pont-de-Sèvres.

La mobilité géographique est la clé de la lutte contre « l’assignation à résidence » des habitants des quartiers en difficulté de nos banlieues, parce qu’elle est la clé de la mobilité socioéconomique. Avec la réalisation de ces lignes, ce sont des millions de Franciliens qui vont enfin voir leur territoire se développer et qui auront la possibilité d’accéder beaucoup plus facilement aux bassins d’emploi existants.

C’est aussi un rééquilibrage des infrastructures de transport vers les territoires du Nord et de l’Est de Paris, moins bien desservis que le Sud et l’Ouest.

Les Jeux Olympiques de 2024, événement majeur que je soutiens, ne constituent qu’un critère secondaire, en toute logique. Pour un événement sportif de quelques semaines au mois d’août, des alternatives pourront facilement être trouvées pour transporter les athlètes, les journalistes et les spectateurs si les travaux sur la ligne 17 ne sont pas achevés à temps.

Pour le Plateau de Saclay, il est fondamental de réfléchir à des moyens de transport en commun adaptés au développement de ce lieu d’excellence universitaire et scientifique, en attendant que la ligne 18 soit livrée. C’est tout-à-fait possible, et pourquoi pas imaginer les premières voies de circulation des voitures autonomes en Île-de-France à cet endroit ?

Le Triangle de Gonesse devra aussi patienter. La ligne 17 entre Saint-Denis et Le Mesnil-Amelot au-dessus de l’aéroport de Roissy aurait permis de désenclaver des zones très habitées et très défavorisées. C’est pourtant une ligne qui ne demande pas les plus gros investissements, car une grande partie est prévue en aérien ou sur sol. Je milite pour que la priorité lui soit donnée sur la construction du CDG-Express.

4 commentaires

  1. J’habite votre circonscription et travaille à Saclay. C’est vous qui allez financer ma voiture autonome? Pour les prochaine législative je viendrai voter pour vous avec
    Sérieusement, comment pouvez vous sortir de telles inepties? Vous avez appris la langue de bois très vite à la REM.

    1. Chère madame,

      Il s’agit avant tout de faire de l’espace du plateau de Saclay un lieu d’innovation en terme de mobilités. C’est déjà l’objectif de la Communauté d’Agglomération de Paris-Saclay qui cherche à faire de cet espace un éco-territoire avec des transports innovants. Des expérimentations de bus électrique sont d’ores et déjà en cours et la RATP a mis en place sa 5e expérimentation de navette autonome au CEA-Saclay entre le 6 février et le 23 mars. Je propose donc d’aller plus loin dans cette voie de l’innovation ; même si elle ne règle pas l’ensemble des besoins de transports de la zone, elle participe d’un renouvellement des mobilités. Aussi, les véhicules autonomes devraient arriver sur le marché pour 2020 et la ministre des transports, Mme. Elisabeth Borne, s’est engagée en faveur d’une stratégie nationale sur le sujet. Je m’engage ainsi à prendre les décisions au niveau législatif afin de favoriser ces nouvelles technologies qui pourront s’intégrer dans les réseaux de transports régionaux comme dans les transports individuels. Dans l’attente de la réalisation de la ligne 18, les transports doivent donc être repensés et adaptés pour favoriser une transformation de nos mobilités afin de les rendre plus écologiques.

      Je serai heureux de pouvoir poursuivre ces échanges avec vous à l’occasion d’un rendez-vous à ma permanence. Vous pouvez me contacter à l’adresse suivante : pacome.rupin@assemblee-nationale.fr

      Je vous prie d’agréer, madame, mes salutations distinguées,

      Pacôme Rupin

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