La phrase sur les pâtes est indigne

Il ne manquerait plus que les Députés se mettent à se plaindre ! Si nous attestons d’un fonctionnement inefficace de l’Assemblée Nationale, cela doit nous pousser à le changer, et non à le subir.

Cela suffit, il est indigne de lire ici et là des Députés se plaindre de leur vie à l’Assemblée alors que nous disposons d’un revenu net mensuel de 5700€ et de conditions tout-à-fait favorables pour faire notre travail ! Surtout, nous avons l’honneur et l’immense privilège de représenter nos concitoyens et de servir notre pays.

Depuis notre élection, nous vivons toute la journée le fonctionnement de notre parlement, un fonctionnement que tout le monde connaît, celui d’un théâtre ouvert des heures à débattre trop souvent inutilement. Nous avons raison de le remettre en cause mais sans oublier que nous avons justement été élus pour être des Députés plus utiles à notre pays et à nos concitoyens, et qu’il nous revient d’être les premiers acteurs de ce changement.

Alors après six mois de travail où nous avons examiné, enrichi et voté un grand nombre de textes conformes à nos engagements de campagne, après six mois d’observations et de pratique du fonctionnement législatif, après six mois d’installation dans nos prises de responsabilité respectives, nous devons être prêts à un nouveau défi : transformer l’Assemblée Nationale !

Nos concitoyens veulent des Députés utiles, pas des Députés qui passent leur temps assis dans l’hémicycle à repousser des amendements. Ils veulent qu’ils siègent quand c’est décisif, et nous devons donc remplacer les longues heures de débats techniques par une plus grande intensité démocratique lors de séances publiques plus courtes. C’est dans les Commissions que les Députés doivent pouvoir amender techniquement les projets de loi.

Cela permettrait de dégager du temps aux Députés pour faire leur travail d’évaluation sur le terrain, dans leur circonscription. Nos concitoyens veulent avoir un Député qui les écoute et qui prend en considération leurs remarques, leurs avis, leurs expériences pour améliorer le fonctionnement et l’organisation de notre société. Ils veulent des Députés qui contrôlent les services de l’Etat, qui comprennent les enjeux des entreprises, de leurs salariés, qui s’intéressent aux problèmes quotidiens de notre vie en collectivité pour trouver des solutions concrètes.

Nous devrons être les plus ambitieux et audacieux possibles dans le cadre de la réforme de l’Assemblée Nationale qui a été lancée par François de Rugy. Je suis sûr que les Députés de La République En Marche seront au rendez-vous, car ils ont vu avec un œil neuf toutes les limites du système actuel. C’est à nous de faire l’Assemblée Nationale du 21e siècle.

2 commentaires

  1. Bravo pour ce coup de gueule salutaire. Un complément : les lois « techniques » sont trop préparées par les ministères qui sont là pour ensuite les appliquer et qui sont donc juge et partie. Un exemple que je connais bien : Bercy qui pré-rédige des textes pour le gouvernement et les députés souvent sur des « exonérations », des d »fiscalisation », des « avantages fiscaux ». C’est évidemment contre nature pour ledit ministère et cela mène systématiquement à des « omissions ou des chausses-trappes » pour les éventuels bénéficiaires de bonne foi (ça existe si, si). Il faut donc envisager que le législateur se fasse réellement assister par des techniciens indépendants et des juristes chevronnés pour éviter également les errements aboutissant à des « retoquages » par le Conseil Constitutionnel ou La CJUE..
    QUe nos chers élus songent sérieusement à tout cela. Des progrès seront faits dans la fiabilité, la sincérité et l’efficience des lois ainsi bine préparées. Respectuesement.

  2. 100% d’accord,surtout « C’est dans les Commissions que les Députés doivent pouvoir amender techniquement les projets de loi. » et « Députés qui contrôlent les services de l’Etat, qui comprennent les enjeux des entreprises, de leurs salariés, qui s’intéressent aux problèmes quotidiens de notre vie en collectivité pour trouver des solutions concrètes. »

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